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Autorisations d’urbanisme

Quelle autorisation d’urbanisme
pour votre projet ?

Commencez par identifier la procédure correspondant à votre projet, puis accédez à la fiche détaillée pour préparer le dossier. Avant cela, vérifiez aussi les règles du PLU ou PLUi et les surfaces réglementaires du projet.

Comprendre le choix

I. Quand utiliser chaque autorisation ?

La formalité dépend de plusieurs critères : construction neuve ou existante, surface de plancher, emprise au sol, hauteur, nature des travaux, changement de destination et localisation du terrain. Les repères ci-dessous correspondent aux cas les plus courants ; les secteurs protégés et certaines règles particulières peuvent modifier la procédure.

DP

Déclaration préalable

Pour les travaux de faible à moyenne importance.

  • Construction nouvelle : en règle générale, DP si la surface de plancher et l’emprise au sol sont chacune au plus égales à 20 m², que l’une d’elles dépasse 5 m² et que la hauteur reste au plus égale à 12 m (hors exceptions).
  • Travaux sur l’existant : création de plus de 5 m² et jusqu’à 20 m² de surface de plancher ou d’emprise au sol (chacune dans la limite de 20 m²). Dans les zones urbaines d’un PLU ou document en tenant lieu, le seuil peut atteindre 40 m², sauf notamment lorsque la création de plus de 20 m² conduit au dépassement d’un seuil de l’article R. 431-2.
  • Modification de l’aspect extérieur : création ou modification d’une ouverture, fenêtre de toit, menuiseries, ITE, toiture, panneaux solaires, etc.
  • Changement de destination : en principe, DP si le changement de destination n’est accompagné d’aucune modification de façade ni des structures porteuses ; les changements de seule sous-destination au sein d’une même destination sont en principe dispensés à ce titre.
  • Autres travaux : piscines de plus de 10 m² et jusqu’à 100 m² dans les conditions prévues par les textes ; certains lotissements sans voies, espaces ou équipements communs, hors situations imposant un PA.
Exemple
Création d’une baie dans une façade, extension de 15 m², ou transformation d’un commerce en logement sans modification de façade ni de structure porteuse.
PC

Permis de construire

Pour les constructions nouvelles et les transformations importantes.

  • Construction nouvelle : en règle générale, PC dès lors que la surface de plancher ou l’emprise au sol dépasse 20 m² ; certaines hauteurs, implantations ou protections modifient les formalités applicables.
  • Travaux sur l’existant : création de plus de 20 m², sauf certains cas d’extension en zone urbaine d’un PLU pouvant rester en DP jusqu’à 40 m².
  • Extension en zone urbaine d’un PLU : PC au-delà de 40 m² de surface de plancher ou d’emprise au sol créée ; entre plus de 20 m² et 40 m², PC si les travaux entraînent le dépassement d’un des seuils de l’article R. 431-2. Examiner les surfaces et le statut du demandeur.
  • Changement de destination : PC si les travaux s’accompagnant du changement de destination modifient la façade ou les structures porteuses (article R. 421-14 c).
  • Autres cas : certaines constructions de grande hauteur, piscines avec couverture de plus de 1,80 m, ou opérations particulières prévues par le Code de l’urbanisme.
Exemple
Construction d’une maison, bâtiment neuf de 120 m², extension de 55 m², ou transformation d’une grange en logement avec modification de la façade et de la structure porteuse.
PD

Permis de démolir

Il ne dépend pas d’un seuil de surface unique.

  • Il est exigé pour une démolition totale ou partielle lorsque la construction se situe dans un secteur où le permis de démolir est obligatoire.
  • Il est notamment obligatoire dans les secteurs soumis à protection patrimoniale concernés et dans les communes ou secteurs où il a été institué. La situation doit être vérifiée au cas par cas, y compris pour une démolition partielle.
  • Il faut donc vérifier la commune et les protections applicables avant toute démolition, même partielle.
  • Si la démolition accompagne un projet soumis à permis de construire ou permis d’aménager, elle peut généralement être intégrée à ce dossier.
Exemple
Démolition d’une grange dans une commune ayant instauré le permis de démolir, ou démolition partielle d’un bâtiment situé dans un secteur patrimonial protégé.
PA

Permis d’aménager

Pour certaines opérations d’aménagement du terrain.

  • Lotissement : permis d’aménager lorsque des voies, espaces ou équipements communs à plusieurs lots destinés à être bâtis sont créés ou aménagés et propres au lotissement, selon les conditions du Code de l’urbanisme.
  • Lotissement en secteur protégé : le permis d’aménager peut être requis même sans création de voie commune.
  • Camping : création ou agrandissement permettant notamment l’accueil de plus de 20 personnes ou de plus de 6 tentes, caravanes ou hébergements assimilés.
  • Aires de stationnement ouvertes au public : notamment lorsqu’elles peuvent contenir au moins 50 unités, sous réserve des règles propres aux secteurs protégés.
  • D’autres opérations importantes — parcs de loisirs, terrains de sports motorisés, certains affouillements/exhaussements ou aménagements spécifiques — peuvent aussi relever du PA.
Exemple
Création d’un lotissement avec voie interne et espaces communs, ou création d’une grande aire de stationnement ouverte au public.
≤ 5 m² : parfois aucune formalitéPour une petite construction nouvelle de hauteur ≤ 12 m, hors cas particuliers et secteurs protégés. Le PLU reste applicable.
20 m² : seuil à surveillerSeuil courant, mais la surface de plancher ET l’emprise au sol doivent être examinées. Des exceptions s’appliquent selon la nature et la localisation des travaux.
40 m² : uniquement dans certains casPour certains travaux sur bâtiments existants en zone urbaine de PLU ; attention au dépassement des seuils de l’article R. 431-2.

Permis de construire et recours à l’architecte : deux questions distinctes

La nécessité de déposer un PC ne détermine pas à elle seule si son dossier doit être établi par un architecte. En principe, le recours est obligatoire pour une demande de PC, sauf dispenses légales. Pour une personne physique qui construit ou modifie pour elle-même une construction non agricole, la dispense est notamment encadrée par le seuil de 150 m² de surface de plancher. Les travaux sur l’existant et certains bâtiments ont des règles particulières. Une personne morale n’entre généralement pas dans cette dispense.

Exemple : pour une extension soumise à PC d’une maison individuelle de 140 m² de surface de plancher portée à 160 m², vérifier l’obligation de recours à l’architecte ; ne pas confondre cette obligation avec la seule détermination DP/PC.

Références : article R. 431-2 du Code de l’urbanisme et Service-Public — recours à l’architecte.

Important : ces seuils ne suffisent pas à eux seuls. Avant de choisir la procédure, vérifiez toujours le PLU/PLUi, la zone du terrain, les secteurs protégés, la hauteur du projet, les surfaces créées, la destination du bâtiment et l’éventuelle obligation de recours à un architecte. Une même surface peut relever d’une formalité différente selon le contexte.
Sources officielles : Déclaration préalable — Service-Public.fr · Permis de construire — Service-Public.fr · Permis de démolir — Service-Public.fr · Notice officielle des autorisations d’urbanisme.
Textes de référence : R. 421-17 (travaux sur l’existant) · R. 421-14 (PC) · R. 431-2 (architecte) · Décret n° 2025-461 (validité des autorisations).
Fiche contrôlée le 16 octobre 2026. Ces informations sont une synthèse pédagogique ; consulter la version applicable des textes et les règles locales pour chaque opération.

Pour les formulaires CERFA, les portails de dépôt et les ressources officielles, consultez aussi la boîte à outils ArchiBalise.

Choisir une procédure

II. Les quatre grandes autorisations

Faire évoluer un dossier

III. Après l’autorisation

Une autorisation obtenue peut parfois être modifiée, transférée ou prolongée. D’autres formalités interviennent ensuite au démarrage et à l’achèvement du chantier. Il faut distinguer ces démarches d’une nouvelle demande d’autorisation.

Modification d’une autorisation

Pour apporter des changements limités à une autorisation encore valable sans changer la nature générale du projet.

  • Concerne une DP, un PC ou un PA en cours de validité.
  • Peut porter par exemple sur l’aspect extérieur, l’emprise au sol ou la surface de plancher.
  • Si la modification transforme profondément le projet, une nouvelle autorisation doit être déposée.
  • L’instruction du modificatif porte sur les modifications demandées et leurs incidences sur le projet autorisé ; la recevabilité du modificatif est à apprécier au regard de la nature des changements.
DP MODIFICATIVEPC MODIFICATIFPA MODIFICATIF

Transfert d’une autorisation

Pour changer le titulaire d’une autorisation déjà obtenue, par exemple lors de la vente d’un terrain ou d’un projet en cours.

  • Possible pour une DP, un PC ou un PA encore valides.
  • Le titulaire actuel et le nouveau bénéficiaire doivent être d’accord.
  • Le nouveau bénéficiaire doit avoir la capacité juridique à bénéficier de l’autorisation.
  • Le transfert ne consiste pas à modifier le projet autorisé.
DPPCPATRANSFERT

Prolongation de l’autorisation

La durée de validité et les possibilités de prorogation dépendent notamment de la date de délivrance et du régime juridique applicable.

  • En régime général, une autorisation peut être prorogée deux fois pour un an, dans les conditions prévues par le Code de l’urbanisme.
  • La demande de prorogation doit parvenir à l’administration au moins deux mois avant l’expiration de la durée de validité.
  • Régimes exceptionnels : certaines autorisations intervenues du 28 mai 2022 au 28 mai 2024 bénéficient d’une validité portée à cinq ans et sont soumises à des restrictions spécifiques de prorogation ; celles intervenues du 1er janvier 2021 au 27 mai 2022 peuvent bénéficier d’un an supplémentaire. Vérifier la version consolidée du décret n° 2025-461 et son champ d’application.
PROROGATIONVALIDITÉ

Déclaration d’ouverture de chantier — DOC

Formalité à transmettre au démarrage effectif des travaux lorsque le projet est couvert par un permis concerné.

  • La DOC est obligatoire pour un permis de construire et un permis d’aménager.
  • Elle n’est pas demandée pour une simple déclaration préalable.
  • Un permis de démolir seul ne nécessite pas de DOC ; elle est en revanche nécessaire si la démolition est intégrée à un PC ou un PA.
PCPADOC

Achèvement et conformité — DAACT

À transmettre lorsque les travaux autorisés sont terminés pour déclarer leur achèvement et leur conformité.

  • Concerne les travaux réalisés après une DP, un PC ou un PA.
  • Elle peut porter sur un achèvement total ou, lorsque prévu, sur une tranche de travaux.
  • Selon le projet, des attestations complémentaires peuvent être à joindre.
DPPCPADAACT

Quand déposer une nouvelle autorisation ?

Un modificatif n’est pas destiné à remplacer une nouvelle demande lorsque le projet change de nature.

  • Une forte augmentation de surface ou d’emprise peut imposer une nouvelle demande selon la nature et l’ampleur des changements.
  • Changement important de conception générale.
  • Le changement de destination ou de programme doit être apprécié au cas par cas au regard du projet initial.
  • Projet initial arrivé à expiration ou travaux déjà achevés selon le cas.
NOUVELLE DPNOUVEAU PCNOUVEAU PA
À retenir : on parle couramment de « DP modificative » ou de « PC modificatif », mais la logique est la même : on modifie une autorisation encore valide sans changer la nature du projet. Le permis de démolir n’est pas inclus dans la procédure générale de modification ou de transfert présentée par Service-Public ; en cas d’évolution d’un projet de démolition, vérifiez directement avec le service instructeur.
Rappel pratique

La bonne méthode avant de déposer

Commencez par qualifier le terrain et les travaux. C’est cette analyse qui permet de déterminer la bonne formalité.

Attention : les seuils et formalités peuvent varier selon la nature du projet, sa surface, sa localisation, le document d’urbanisme et les protections applicables. La procédure doit donc être vérifiée pour chaque opération.
1
Identifier le terrainAdresse, parcelles, limites, existant et contexte.
2
Définir précisément les travauxConstruction, extension, façade, destination, démolition, division ou aménagement.
3
Vérifier les règles applicablesPLU/PLUi, secteur protégé, prescriptions et contraintes particulières.
4
Déterminer la formalitéAucune formalité, DP, PC, PD ou PA selon le cas.